Salon étudiant – quelques conseils pour réussir sa visite

Cette fin semaine a lieu le salon du lycéen et de l’étudiant sur Bordeaux Lac. L’occasion, au gré des stands, des conférences et autres animations, de récolter des informations précieuses pour bâtir votre avenir. Dans un bilan d’orientation, cette activité entre dans la phase dite « d’exploration ». C’est au cours de cette étape que vous validez les pistes identifiées en vous informant sur la durée, le lieu et les modalités de recrutement des différentes formations. Un moyen de confronter vos idées à la réalité. Et comme le dit si bien ma formatrice Laurence Carré, « l’exploration est la clé de l’orientation ».

 

Comment préparer la visite ?

 

Établissez un plan Plan Aquitec

Un salon, c’est grand, immense même… Et passer la journée à enchaîner les discussions avec les représentants de chaque école sans savoir ce qui vous plaît, ça va vous paraître long, et cela risque de vous décourager… Pour ne pas repartir au bout d’une heure ou traîner des pieds derrière vos parents un tantinet agacés, établissez une liste des visites à partir du plan du site. Cette liste est bien entendu alimentée par votre réflexion personnelle, vos intérêts et vos premières idées d’orientation (issues de votre bilan par exemple). Programmez vos visites à la manière d’un jeu de piste. Cela peut paraître simple mais une fois au bout de la liste, vous serez content de vous !

Faites votre liste de questions

Lieu et durée de la formation, programme, modalités de recrutement, débouchés, autant de sujets à aborder pour vous projeter dans les prochaines années. Faites part de tous vos questionnements, présentez-vous, parlez de vos résultats scolaires. Les représentants des écoles sont là pour vous répondre. Et n’oubliez pas de noter un maximum d’informations ainsi que votre ressenti sur le moment. Les plaquettes distribuées sont assez identiques d’une formation à l’autre, vos notes seront différentes d’un stand à l’autre.

Restez ouverts

Une fois votre « plan » respecté, vous pouvez prendre le temps de vous balader dans le salon, et vous laisser aller à la découverte. Qui sait ? Vous pouvez avoir un coup de cœur et tomber sur votre vocation. Christophe Colomb cherchait une nouvelle route vers les Indes lorsqu’il a découvert l’Amérique…  Cependant, il sera important de creuser cette nouvelle idée à l’issue de la journée pour ne pas que cela reste une lubie !

Profitez de la journée

Que vous y alliez avec vos parents ou entre amis, profitez de cette journée pour échanger sur vos projets, sur vos rêves. L’orientation est souvent envisagée comme une étape angoissante, où l’on se dit « il faut absolument que je trouve quelque chose à faire plus tard sinon… ». Et si vous vous demandiez plutôt ce que vous allez réaliser d’important grâce à l’une de ces formations ? Quel sens y mettez-vous ? Parlez-en aux personnes qui vous accompagnent. Pour les parents, cette journée est l’occasion d’accueillir tous les projets de votre adolescent, même lorsqu’ils vous semblent loin de votre univers. Et si vous sentez une baisse de motivation pour les cours, la confrontation aux exigences des sélections est un bon moyen de « relancer la machine », en toute bienveillance bien sûr… Vous pouvez également comparer vos intérêts. Dans le cadre du bilan d’orientation, je propose depuis peu de faire passer le test des intérêts professionnels STRONG aux parents. Cela permet de comparer vos résultats, de comprendre pourquoi une formation plaît à l’un et non à l’autre… En effet, si le test révèle des intérêts professionnels différents, il est normal que vous ne soyez pas toujours sur la même longueur d’onde. Acceptez vos différences et profitez de la journée pour les aborder avec légèreté.

 

Et après le salon ? 

 

Mobilisez votre entourage

Une formation a retenu votre attention ? Un métier vous plaît particulièrement ? Continuez l’exploration en contactant une personne pouvant vous faire part de son expérience. Parlez de votre démarche à vos parents, à votre famille ou à votre voisin et demandez leur d’ouvrir leur « carnet d’adresse ». Pour en savoir plus sur les formations, n’hésitez pas à contacter des élèves vous ayant précédé au collège ou lycée, vos professeurs peuvent vous aider à les retrouver. Avant de les appeler, préparez un questionnaire du type : « Quel est votre parcours ? En quoi consiste votre métier / cette formation ? Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail / cette formation ? Le moins ? Pouvez-vous me décrire une journée type ? Avec quelles personnes travaillez-vous ? » Rien de tel que l’avis d’un professionnel ou d’un étudiant pour enrichir votre réflexion. C’est un point de vue différent des exposants du salon, et tout aussi important !

Le rôle de votre conseiller d’orientation

Vous pouvez également prendre rendez-vous avec le conseiller d’orientation de votre établissement et lui présenter votre projet de formation. Il pourra ajouter des éléments, évaluer la cohérence de votre projet et vous aider à élaborer votre stratégie de choix pour l’APB, pour les élèves de Terminale.

Utilisez tous les atouts à votre disposition, mais n’oubliez pas, c’est vous qui choisissez !

Bonne visite, bonne exploration !

Thomas

Si vous n’êtes pas disponible ce week-end, voici la liste des salons.

Et si nos intérêts professionnels nous aidaient à choisir un métier ?

Dans un article du Monde.fr paru en octobre ayant pour thème la réorientation des jeunes diplômés du supérieur, on apprend que des jeunes adultes ayant fait des études brillantes,  valorisées socialement, ont tout quitté pour s’investir dans des métiers manuels. Ils ont ainsi laissé bureau, confort, sécurité pour s’investir dans un projet plus proche de leurs aspirations, de leurs valeurs et de leurs intérêts. L’explication de ces virages professionnels peut prendre des formes bien différentes mais cet article m’a donné envie de me concentrer sur une notion à mon sens méconnue et déterminante dans le processus d’orientation : la connaissance de nos intérêts professionnels. J’ai donc choisi de vous présenter de la manière la plus simple possible la définition d’un intérêt, vous jugerez ainsi de son importance dans le choix des études et d’un métier. Je donnerai ensuite les moyens pour les identifier afin de mieux s’orienter.

Alors, c’est quoi un intérêt professionnel ?

Plaisir, sens, attention : trois ingrédients essentiels.
Les intérêts représentent les objets, les actions, les environnements vers lesquels nous nous dirigeons naturellement car nous y trouvons du plaisir, nous y mettons de l’attention et parce que cela nous motive.  C’est quelque chose qui éveille l’attention en la focalisant sur un objet ou une activité en particulier. C’est quelque chose qui met l’accent sur la composante affective et subjective d’un objet, sur le sentiment de plaisir que suscite une activité. Enfin, c’est quelque chose qui donne du sens, une direction à notre action.

Selon John L. Holland (1919 – 2008), psychologue américain, les intérêts professionnels sont définis comme « l’expression de la personnalité au travail, dans les passe-temps, les activités récréatives et les préférences ». Si je reformule, nos intérêts dits « professionnels » que l’on peut donc traduire en métier, peuvent s’exprimer au travail, à l’école mais aussi dans nos passions, nos jeux et toutes les activités qui nous attirent et cela dépend de notre personnalité.

Dans l’article du Monde, on peut lire l’exemple de Virginie qui a réalisé de grandes études de commerce avant de devenir vigneronne quelques années plus tard. Lors de ses études et au cours de son premier job, Virginie a peut-être trouvé un certain sens et a mobilisé son attention pour réussir là où on l’attendait. Mais peut-être lui manquait-elle la notion de plaisir lié au travail en extérieur, l’attention portée à la nature, la création d’un produit comme le vin, c’est pourquoi elle a opéré ce virage. Elle exprimerait donc un intérêt plus élevé pour le travail de la vigne (en extérieur, proche de la nature) que pour les métiers appris en école de commerce.

Pour nous aider dans nos choix, comment connaître nos intérêts professionnels ?

Le docteur John L. Holland peut y répondre. Dans les années 60, il a établi une typologie des intérêts professionnels, nommée « RIASEC ». Ce modèle, représenté par un hexagone, regroupe les intérêts professionnels en 6 domaines : R pour le domaine Réaliste, I pour Investigateur, A pour Artiste, S pour Social, E pour Entreprenant et C pour conventionnel.

La figure ci-dessous décrit les 6 domaines selon les activités professionnelles qu’ils représentent. Il existe également une description en termes d’environnement, de valeurs, de méthode de travail que je vous présenterai surement dans un prochain article.

holland

 

A la lecture de ce modèle, nous pouvons aisément comprendre que Virginie (vigneronne), épanouie maintenant dans un métier à forte dominante « Réaliste » (cf. ci-dessus), ait pu ressentir un certain manque dans sa première vie professionnelle.

Pour poursuivre la réflexion, cela peut expliquer également qu’il n’est pas facile d’émettre un choix de métier dans lequel nous devrons construire, soigner, réparer, chercher, communiquer, conseiller ou vendre dans un milieu où les activités demandées sont écrire, compter et apprendre. Ou comment comprendre l’anxiété des étudiants au moment de choisir leur orientation…

Connaître ses intérêts pour mieux choisir son job, son orientation, sa place  

Nos intérêts s’articulent généralement autour de 2 à 3 domaines professionnels de Holland et cela dépend, comme écrit plus haut, de notre personnalité. Une classe, une famille, une unité de travail regroupent des personnes ayant des profils souvent très différents : il peut y avoir des personnes dont les intérêts s’articulent autour des domaines RIC (Réaliste, Investigateur, Conventionnel), ou ASE (Artiste, Social, Entreprenant), ou encore SE, CES, RIA etc… Il existe ainsi des dizaines de combinaisons.
Cela explique qu’un jeune n’ait pas forcément envie de faire le même métier que son père ou sa mère, que l’ouvrier le plus efficace n’ait pas forcément envie d’être le chef de son équipe ou qu’un bon élève préfère s’orienter vers un métier manuel (et oui, même ça c’est possible…).

Plus concrètement, comment évaluer nos intérêts professionnels ?

Dans un premier temps, la lecture de la typologie RIASEC peut vous permettre de faire une auto évaluation, si vous êtes à l’aise avec les notions d’activités et d’environnements professionnels. Parmi les personnes que j’accompagne, certaines y arrivent très facilement, d’autres non. Il n’est pas toujours aisé de bien se connaître sur ces thématiques-là.

Ensuite, il existe des tests permettant d’évaluer précisément nos intérêts professionnels. Je fais systématiquement passer le test d’évaluation des intérêts professionnels nommé STRONG lors d’un accompagnement pour un adulte en questionnement professionnel ou un jeune en recherche d’orientation. Cela permet d‘établir précisément votre niveau d’intérêt pour les 6 catégories de la typologie de Holland ainsi que pour les sous domaines associés. Exemple : les sous domaines de la catégorie « Artistique » sont « arts visuels et conception », « communication et médias », « métiers du spectacle » et « arts culinaires ». Le test compare même vos résultats sur une échelle de 130 métiers codifiés. Exemple : Musicothérapeute = SA (Social, Artiste).

Dans certains cas, le test vient conforter l’auto perception, dans d’autres, il vient révéler à la personne des intérêts que l’on ne se permet pas d’explorer. Le but étant de mieux se connaître pour mieux s’orienter, car, avant tout, nous sommes plus efficaces dans ce qu’on aime.

Thomas

boy who must make a decision